Marie-Victoria et Florian Boit se sont lancés dans la culture bio de plantes sauvages qu’ils utilisent pour la conception de tisanes, d’eau de bouleau, de frênette et de jus de pommes, à travers des recettes originales. Ils ont créé leur ferme vivrière « Les collines bleues » au printemps 2020, du côté de Roche-en-Régnier. Ces deux amoureux de la nature ne manquent pas d’idées pour faire apprécier leurs produits à une large clientèle.
Comment a évolué votre ferme depuis la création de votre activité ?
Marie-Victoria : On a planté sur trois hectares et demi des vergers de plein vent, sous lesquels à terme pâtureront nos moutons. Il y a environ 200 arbres fruitiers, principalement des pommiers, mais aussi des poiriers, des pruniers, des cognassiers, et des néfliers. Et puis on a construit notre atelier, ce qui nous a bien changé la vie. Au rez-de-chaussée, on a une serre dans laquelle on plante nos agrumes. Et puis on hiverne certaines de nos plantes qui craignent un peu le froid. Ensuite, on a un espace de stockage et un grand séchoir qui nous permet de sécher nos plantes dans de bonnes conditions tout l’été.
Quelles plantes cultivez-vous ?
Marie-Victoria : De la verveine, de la menthe, de la sauge, de la bourrache, de l’arquebuse. Il y a aussi de la lavande, de la mélisse. Et puis après, on cueille tout ce qui est sauvage, l’aubépine, le sureau, les bleuets, la reine des prés, le serpolet…Enfin toutes les plantes qui sentent bon dans la nature, et qui sont comestibles. Les premières cueillettes se font dès qu’on sort de l’hiver. Il y a plein de plantes minéralisantes au printemps. On a les premières pousses d’ortie, de ronces, de gaillet, et de petites choses comme ça.
C’est important d’être en bio ?
Marie-Victoria : Oui, depuis 2021 ou 2022, je ne sais plus. On a eu quelques années de conversion sur des terrains qui n’ont jamais été vraiment utilisés en conventionnel, et là on est totalement en bio sur tout ce qu’on fait.
Quels types de recettes proposez-vous au niveau des tisanes ?
Marie-Victoria : Alors ça varie en fonction des plantes, des saisons, et des récoltes. Au départ on faisait des tisanes qui étaient plutôt axées sur les goûts et le plaisir. On a développé une gamme « santé-bien-être » on va dire. On a toujours une tisane par exemple, pour la digestion, avec de la mélisse, et les plantes aromatiques qu’on connaît. Il y en a une pour les maux de gorge, les petits maux de l’hiver, les petits rhumes avec de la ronce par exemple. Il y en a une qui est détox, avec des plantes plutôt diurétiques. Et puis, il y a des tisanes minceurs avec des feuilles de merisier. On produit également une tisane pour les mamans, pour l’allaitement, avec des plantes galactogènes, avec du fenouil, du cumin, des choses comme ça. Il y en a une pour le cœur, pour la circulation, avec de la feuille de vigne.
Et en ce qui concerne les boissons ?
Marie-Victoria : On produit du jus de pommes, avec des pommes issues des arbres qui ont été plantés par mes arrière-grands-parents ou grands-parents. Après on fait de la frênette, à base de feuilles de frêne. C’est un petit peu comme du cidre, c’est un peu pétillant, et un un peu caramélisé. On fait du vin de pissenlit. Ça ressemble un peu, alors on ne va pas être présomptueux, mais un petit peu, au Pinot des Charentes, et ça se consomme à l’apéritif. Parfois on fait des sirops, avec de la sauge et du romarin. Il y a l’eau de bouleau pour les cures de détox à la sortie du printemps, et puis nos infusions. On a réduit notre production de limonade parce que c’est un petit peu compliqué.
Quelle est aujourd’hui votre clientèle ?
Marie-Victoria : On a beaucoup de gens qui font un peu attention à leur santé, et qui souhaitent consommer des aliments qui ne sont pas trop traités, qui n’ont pas trop de pesticides, de choses comme ça. On a beaucoup de familles qui, par exemple, veulent proposer à leurs enfants des boissons peu sucrées. Et puis on a aussi des gens qui s’intéressent à l’agriculture locale, qui sont sensibles à ce qui se produit dans le coin, et qui apprécient de découvrir ce qu’il y a autour de chez eux. Et puis, on a des touristes qui sont de passage.
Comment peut-on se procurer tous ces produits ?
Marie-Victoria : Alors, on peut nous appeler, passer les commandes et puis venir les chercher à l’exploitation, en fonction de nos horaires de disponibilité, ou les récupérer sous forme un peu de click and collect. Et puis, il y a les magasins de producteurs, comme Mag Arzon à Vorey, le Bancal à Craponne-sur-Arzon, aux Halles du Goût, à Chaspuzac. On trouve nos produits également au magasin Lard du Terroir à Chomelix et au magasin Les P’tits Ponots au Puy-en-Velay.











