Louis Chapat vient de se lancer dans la production d’ail blanc, rose et violet sous le nom des Terres de Marcellin à Saint-Julien-du-Pinet. Cette plante de la famille Liliaceae est courante mais peu cultivée en Haute-Loire. Entré en démarche de conversion, Louis Chapat espère décrocher le label bio en 2024. En complément, il propose des légumes pour les professionnels.

 

Quel a été votre parcours avant de vous lancer dans cette production ?

Louis Chapat : J’ai suivi beaucoup d’études dans le domaine du végétal. J’ai passé un CAP au tout début, en horticulture, avant de passer un Bac pro paysagiste, et un BTS commerce, toujours dans le même domaine. J’ai terminé par une licence pro dans le secteur de l’environnement.

Et pourquoi la culture de l’ail ?

Louis Chapat : Mes études m’ont permis de voir tout ce qui se faisait en Haute-Loire et ailleurs. En fait, j’ai eu le déclic lorsque j’ai travaillé dans un magasin bio de vente de fruits et légumes en Lozère. Je me suis rendu compte que l’on commercialisait souvent de l’ail en provenance d’Espagne, d’Italie, ou même d’Argentine ! Cela fait 5 ans que j’au mûri l’idée d’en cultiver ici, et j’ai franchi le pas en octobre 2022.

Quels types de variétés cultivez-vous ?

Louis Chapat : Il y a l’ail d’automne qui regroupe l’ail blanc et l’ail violet. Je vais les planter cet automne. Et puis, il y a l’ail rose que l’on appelle l’ail de printemps. Je le plante à partir de janvier, février, quand les températures sont un peu moins négatives. Tous ces types d’ail se ramassent généralement au mois de juillet.

Les terres de notre territoire sont-elles appropriées à cette culture ?

Louis Chapat : J’en ai parlé avec beaucoup d’anciens avant de me lancer. On m’a conseillé de faire de l’ail en butte, et on m’a prévenu que ce serait difficile de faire de l’ail ici, car la terre est très lourde, très argileuse, et pas très sableuse. L’ail apprécie les terres plutôt calcaires. J’ai effectué des tests pour arriver au résultat d’aujourd’hui. Le terrain où la culture de l’ail convient le mieux ici se trouve au pied du suc d’Ayme. Je peux exploiter deux hectares de terrain qui a la particularité de posséder plein de petits cailloux de basalte.

Et pourquoi les terres de Marcellin ?

Louis Chapat : C’est lié à mon grand oncle Marcellin qui m’a légué ses terres. Cela faisait longtemps qu’il voulait les passer à quelqu’un qui avait envie de s’installer ici.

Vous êtes dans une démarche bio ?

Louis Chapat : Oui ! Du coup, j’ai engagé une démarche avec Certipaq, un organisme certificateur. C’est ma première année. En 2024, je pourrai vendre mon ail en conversion en agriculture biologique, avant d’être en bio l’année suivante. Je pourrai donc le commercialiser dans des enseignes comme Biocoop.

Et puis, il y des produits dérivés ?

Louis Chapat : Oui ! Pour le moment je propose des gressins à l’ail pour l’apéritif. Pour les concevoir, j’utilise la tige verte de l’ail que je hache très finement. Je commence à maitriser ce que l’on appelle l’ail noir, car j’ai une demande des restaurants gastronomiques, afin qu’il puisse l’utiliser en dessert. C’est confit et sucré, et cela rien à voir avec le goût de l’ail !

Quelle clientèle ciblez-vous ?

Louis Chapat : Les particuliers et les professionnels. Je souhaite que mon produit soit accessible à une large clientèle. Il y a par exemple des restaurants comme « Le Jullipinois », à Saint-Julien-du-Pinet, ou bien encore « L’Apollonel » et « Le Poivrier » au Puy-en-Velay.

Comment se procurer vos ails ?

Louis Chapat : Au marché du Puy-en-Velay le samedi matin, à celui d’Yssingeaux le jeudi. Il y a également les magasins de producteurs comme « La Ferme Ponote », à Brives-Charensac. Et puis je suis en train de mettre en place la vente directe à la ferme.